L'édito du 29 février

Publié le par AulnayLeaks

 

Nous avons au début de ce mois suscité beaucoup de débats autour de nos publications. Tout a été dit : « l'anonymat n'est pas une bonne idée », « c'est de la délation », « comment être sûr que les infos publiées sont vraies ? ».

 

Toute la blogosphère locale s'est exprimée sur le sujet, le maire également, plainte à l'appui, enfin le journal « Le Parisien » nous a fait l'honneur de parler de nous, non pas à la suite de notre communiqué de presse mais à la suite de celui du maire. Drôle de neutralité de traitement de l'information.

 

Compte-tenu de toutes ces questions, nous avons pris le temps de réfléchir à notre méthode et aux conséquences de celle-ci. Nous avons hésité à poursuivre. Mais au final il nous semble que la publication de ces informations est nécessaire malgré les risques.

 

Reprenons les principales critiques reçues :

 

l'anonymat

 

il faut s'imaginer que la parole n'est pas libre à Aulnay. Tous ceux qui se risquent à des critiques sévères ou à lever le voile sur certaines pratiques ou choix politiques peuvent en témoigner, les menaces et les représailles pleuvent. C'est d'autant plus vrai si vous êtes en première ligne. L'anonymat est donc la seule solution pour certains d'entre nous pour pouvoir faire des révélations sans risquer quoique ce soit. Nous n'avons pas de cartes de presse pour nous protéger ni protéger nos sources. Et la presse ne semble pas vraiment intéressée par ce qui se passe derrière le rideau malgré les manifestations, les grèves du personnel municipal, les esclandres des opposants municipaux. On se demande bien pourquoi.

 

Nous comprenons que cela peut faire suspect et amener des doutes. Mais en publiant des documents identifiables et recoupables avec d'autres, chacun peut se faire une idée. Nos commentaires n'engagent que nous. Depuis longtemps, chacun voit, entend que la gestion municipale pose de graves problèmes, mais le maire nie sans cesse et use de tous les moyens de communication pour faire croire l'inverse. Tant que les cartes ne sont pas sur la table, cela ne peut pas changer. C'est pour cela que nous avons pris ce risque.

 

Enfin, sans que comparaison soit raison, l'exemple de Wikileaks nous a largement inspiré. À la fois pour le fait de publier ce que les gouvernants veulent cacher mais aussi pour le sort qu'ils ont subi : site à l'arrêt depuis des mois, fondateur poursuivi dans de multiples pays. Voilà pourquoi l'anonymat restera ici la règle.

 

La délation

 

Nous réfutons ce terme. Nous ne cherchons à tirer aucun avantage personnel de cette démarche. Nous dénonçons simplement pour que chacun puisse juger et que cela puisse cesser par la volonté des citoyens.

 

Considère-t-on parce que les journalistes font de la délation ? Non sous prétexte qu'ils ont une carte de presse ? Non sous prétexte qu'ils signent leurs articles ? Mais justement parce qu'ils ont une carte de presse qu'ils le peuvent.

 

L'authenticité

 

Rien ne peut jamais être sûr. Mais nous ne prendrons pas le risque de publier des données dont la provenance ne serait pas certaine. Nous prenons soin de publier des documents que les lecteurs pourront vérifier auprès notamment des agents municipaux. Si quelqu'un nous prouvait que nos publications étaient erronées, nous serions les premiers à le reconnaître. Pour l'instant aucun élément contraire n'a été dévoilé.

 

Les conséquences

 

A propos des personnes nommées, notre but n'est pas de leur faire du tort. Mais elles doivent assumer comme le maire, le fait qu'elles ont été choisies sur des critères uniquement politiques. C'est leur engagement politique qu'elles ne reniaient pas qu'il leur a servi de CV, il est normal que cela soit connu puisque ce moyen a remplacé les autres moyens de recrutement. La destination de l'argent public doit rester publique, c'est un principe de base.

 

À propos de la plainte du maire. Elle est assez risible et pathétique à la fois. Nous accuser de révéler un secret professionnel est assez gonflé. Lui qui si souvent lance des accusations sans fondement contre les associations, les blogs, les syndicats municipaux, ses opposants, est à l'origine de cette mode que le blog des ses amis d' « aulnay autrement » et que la fumeuse « cindy vargin » ont popularisé dans cette ville qui pour la première fois de son histoire vit sous le régime de la rumeur.

 

Nous espérons que ces explications satisferont nos très nombreux lecteurs, plus de 15 000 ce mois-ci.

 

Nous reprenons le cours de nos publications sur ce site tant que nous le pourrons. Et si d'aventure, nous ne pouvions plus publier ici, l'ouverture du même site dans plusieurs autres pays est en préparation.

 

Toutes nos excuses pour ce temps de réflexion mais il s'est avéré nécessaire.

Publié dans L'édito

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